Des labos et des rats – la science-se-faisant

Permettez que j’explicite un instant le nom que j’ai donné à cet imaginaire : s’il m’est impossible de penser science ou laboratoires sans penser rats, c’est à cause de Minus et Cortex, ce dessin animé déjanté qui passait à la télé dans les années 90, celles où, précisément, s’élaborait mon propre imaginaire.

Les aventures fumeuses de ces rats de labo qui, la nuit venue, sortaient de leur cage pour « tenter de conquérir le monde » grâce à leur génie dû aux expériences que les humains avaient tenté sur eux – leurs aventures m’amusaient follement. 

Qui sait, si j’avais été meilleure en maths – davantage Cortex que Minus, pour cell·eux qui ont la ref. – , ces scientifiques miniatures, foireux jusqu’au bout des dents, auraient peut-être fait de moi une blouse blanche parmi tant d’autres, au lieu de quoi j’ai préféré la toge moderne et sans grand prestige qu’a bien voulu me laisser porter la pourtant si noble Philosophie, mère de toutes les sciences. Bref. Trêve de lyrisme. 

La science-se-faisant

S’intéresser à la science-se-faisant, c’est une démarche récente en épistémologie. Avant le milieu du XXème siècle, on s’interrogeait plutôt sur les conditions de possibilité de la connaissance humaine, ou sur les conditions logiques de la vérité. Ces deux tendances persistent, et nous étudions les deux. Mais cet imaginaire-ci est consacré à celles et ceux qui ont les mains dans le cambouis, et aux problèmes qu’on leur connaît quand on se penche, avec une loupe, sur leurs pratiques de labo ou de terrain.