Brève analyse d’une histoire de la philosophie en BD : Philosophia

Ricardo Piovesana/ février 25, 2019/ Livr'avis, Méta/ 0 comments

Auteurs: Tenaillon N., Zeyer, H.

Titre : Philosophia. Une histoire de la philosophie en BD.

Edition : Ellipses. 

Lieu : Paris.

Année de parution : 2018

Nombre de pages : 254

Prix : 19,50 €

Cet ouvrage très récent (paru en octobre 2018) propose un vol d’oiseau sur l’histoire de la philosophie à travers les siècles et le fait sous forme de bande dessinée. Les auteurs sont deux, vu le genre de production : un pour le texte (il s’agit de Nicolas Tenaillon, professeur agrégé qui a déjà fait preuve de vulgarisation) et un pour les dessins (Hélène Zeyer, professeur agrégée d’arts plastiques et artiste).

Dès le début les auteurs indiquent en légende les différents couleurs en aquarelle qui accompagnent les différents chapitres. Chaque époque (Antiquité, Moyen-Age, Renaissance, etc) est en effet caractérisée par une couleur dominante. On pourrait considérer ce geste comme une volonté didactique des auteurs et donc une facilitation d’usage, style manuel. Bien qu’ils aient voulu utiliser cela pour faciliter la lecture, il me semble que les couleurs parfois se ressemblent et donc le lecteur devra faire un effort supplémentaire pour séparer les époques selon la couleur (ou au moins c’était mon impression et mon ressenti en le lisant).

Ces caractéristiques (bande dessinée, diversification des couleurs, sous-titre, etc) indiquent clairement que cet ouvrage sera forcément de vulgarisation et qu’il ne pourra pas combler ni une efficacité historiographique ni une complétude des auteurs et de leurs pensées. Les choix donc s’imposent. On peut y trouver par exemple Giordano Bruno et Thomas More mais pas Tommaso Campanella, on peut repérer plusieurs pages dédiées à Jean-Paul Sartre et consorts mais aucune à Karl Jaspers. De plus, pour chaque auteur présenté, on a juste des aperçus de sa pensée et de sa biographie (ici aussi des choix s’imposent), parfois assez galvaudés dans l’imaginaire collectif parfois plus pointus ou inhabituels. 

C’est tout à fait compréhensible pour plusieurs raisons : le livre est destiné à un public principalement francophone ; les choix doivent s’imposer ; les nécessités d’édition réduisent la place disponible, etc. Il faut quand-même reconnaitre que la qualité produite est assez haute sans devenir ennuyante : il y a par-ci par-là quelques boutades ou des images marrantes ou caricaturales mais en ligne générale il ne s’agit pas d’une œuvre à caractère humoristique ou provocateur. 

Tout compte fait on a affaire avec un bon texte qui pourrait être intéressant pour des élèves de 5èmeou 6èmemais aussi également pour un public à jeûne de philosophie (mais aussi pour des philosophes car l’ouvrage est curieux et agréable). Notamment, on pourrait utiliser des extraits concernant des auteurs ou des époques ou des courants pour travailler avec les élèves mais aussi pour les captiver en phase d’accroche.

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