UNamur 2019

30h, dont 6h en autonomie
Lieu : Université de Namur
Horaire : 4 jours de 9h à 16h (avec 1h de pause)
Dates  :

jeudi 31/1/19 et vendredi 1/2/19
et jeudi 21/3/19 et vendredi 22/3/19

Titulaire : Anne Herla 

Jour 1 – Exigences institutionnelles

Histoire que vous sachiez à quelle sauce vous serez mangé.e.s durant les quatre journées qui s’annoncent. Préparation psychologique aux épreuves à venir ou léchage de babines par espoir de délices futurs ? À vous de nous le dire. 

Puisqu’il s’agit de naviguer un peu dans les documents officiels, commençons par voir quelle est notre posture à leur égard.

Nous pourrons ensuite analyser les deux documents qui permettent aux différents réseaux d’organiser didactiquement, pour les élèves en fin de parcours secondairele CPC : le Programme du Cours de philosophie et de citoyenneté pour les 2e et 3e degrés de l’enseignement secondaire et le Référentiel des Compétences terminales de l’Éducation à la Philosophie et à la citoyenneté, en vigueur depuis le 1er septembre 2017, dont le programme découle directement. Cette analyse portera sur deux axes principaux : les partis-pris disciplinaires, c’est à dire les choix qui définissent la discipline philosophique, et les partis-pris pédagogiques, soit le paradigme épistémologique derrière le programme.

Une fois posés ces quelques jalons, et puisqu’il nous faut, malgré ses imperfections, travailler sur base de ce programme, nous éclaircirons le vocabulaire technique, le jargon, qui y est développé. UAA, compétences, ressources, SA, objectifs, AA, situations-problèmes… autant de termes et d’acronymes qui peuvent paraître barbares, et dans lesquels se perdre est chose aisée. Un petit coup de projecteur sur chacun peut s’avérer utile, de même qu’un temps pour tester comment faire entrer une séquence de cours que l’on a déjà créée, et même éventuellement testée en classe, dans un canevas de SA tel que celui que le programme nous suggère. 

Pour aider à formuler des acquis d’apprentissage (Merci Michèle)…

Les UAA ne sont évidemment pas le fruit d’une pure pensée. Elles sont le fruit des conditions précises dans lesquelles elles ont été pensées, du contexte historique, des jeux de pouvoir politique, de commissions faites d’individus parfois en opposition, des compromis qu’il a fallu trouver, de l’urgence dans laquelle tout ça s’est fait… 

Analysons ensemble le contenu des différentes cases de l’UAA 314 “Liberté et responsabilité”. Quels sont les biais que l’on peut y relever ? 

Avec l’UAA que vous recevrez au hasard, faites le même travail d’analyse et créez, à deux ou trois, une SA dessus – en remplissant, à nouveau, le Canevas d’une SA

Jour 2 – Didactique de la lecture

Est-il si évident que les petits d’homme, nous et nos élèves, aient envie de lire ? D’où vient qu’on puisse aimer lire ? Que certaines personnes aiment, et d’autres pas ? Comment se fait-il qu’on puisse perdre le goût de lire ?

Prenons le temps de deux exercices pour cerner les éléments favorables et les obstacles à la lecture, et tenter à partir de là d’imaginer une stratégie de lecture originale. 

Le document des textes qui vous ont été distribués sous forme de “moyens de transport”.

On s’est intéressés à l’appétence, on se penche maintenant sur le fond : comment aborder le sens du texte et sa conceptualité ? Comment faire entrer dans la conceptualité d’un texte philosophique ?

Au-travers de quelques éléments théoriques, et de méthodes de lecture proposées par des didacticien.ne.s plus ou moins reconnu.e.s, voyons comment d’autres s’y prennent. Les exemples de didactique sanctionnés par comité de lecture (Tozzi, le GFEN et l’arpentage de Charbonnier) côtoient ainsi les méthodes créées par nos collègues : Laurent Deroo, François-Xavier Gillin et Benjamine Richy, Josepha Calcerano. Trouvez-en d’autres sur le blog “Dans la Caverne” de PhiloCité. 

Et, évidemment, pas question de rester spectateur.trice.s : à partir d’un des textes que vous avez reçus, ou en allant en chercher un autre, par exemple dans cette base de données très étoffée, compilée par lAcadémie de Grenoble,  à vous de créer une méthode de lecture et de réaliser une fiche technique pour la mutualiser. 

Quelques exemples de méthodes de lecture dans le “dossier didactique de la lecture” qui vous a été distribué. 

Méthodes de lecture

Jour 3 – Didactique de la citoyenneté et de l'écriture

La citoyenneté, à la fois objet et objectif du CPC, est trop souvent renvoyée directement au domaine de la morale ou du politique, voire réduite au civisme ou à l’instruction civique. Or, la citoyenneté peut être vue comme une matière bien plus large et passionnante : penser tout ce qui relève du collectif dans une démarche d’étonnement, à partir du réel, du quotidien, qui déclenche de la pensée au sens très large. 

C’est cet étonnement que nous cultivons ce matin au moyen de supports variés issus du quotidien, et d’exercices qui visent à les mobiliser et à les traiter philosophiquement. 

Les dessins et les photos proposés (et bien d’autres, vous pouvez même ajouter les vôtres)…

Comment faire en sorte que nos élèves, parfois très éloignés de la langue des philosophes, écrivent de la philosophie ? En produisent ? Pensent en écrivant ? 

Les objections du type de celles que recense Nicole Grataloup : « Ce sujet ne m’inspire pas, je n’ai rien à dire », « le sujet me plaît, mais je ne sais pas comment m’y prendre », « j’ai des idées, mais je n’arrive pas à les exprimer », « j’ai une idée, mais elle tient en quelques lignes, cela ne suffit pas »… indiquent selon elle ce qu’il faut faire découvrir aux élèves : des potentialités créatrices de pensée qu’ils ne soupçonnent pas, en eux-mêmes et dans la langue. 

Les quelques exercices d’écriture qui seront évoqués et testés cet après-midi visent à donner des pistes qui permettront de jouer avec la langue. En effet, toujours avec les mots de Grataloup : “Se surprendre à écrire des choses qu’on ne savait pas pouvoir penser, s’étonner de voir surgir sous sa plume des mots inattendus, des rapprochements insoupçonnés de termes qui font naître des pensées nouvelles, redoubler d’étonnement en découvrant les trouvailles des autres (car ce travail est indissociablement individuel et collectif), se laisser ainsi travailler, troubler, étonner par ce que Barthes appelle la signifiance15,c’est à la fois renouer avec le plaisir des mots, et découvrir dans sa propre activité d’écriture des raisons de remettre en question ses opinions, ses croyances, ses « idées », bref, de philosopher ; car sinon, quelles raisons pourrait-on avoir de ne pas se contenter de ce qu’on pense déjà ?”

Sur les robots sexuels : https://www.youtube.com/watch?v=6vN0cs_-RSs

Jour 4 – Evaluation

Voyons ensemble quelles façons d’évaluer nous pouvons recenser, de façon très générale, quand on pense à l’évaluation – traditionnellement, celle que le maître produit à propos de ses élèves, individuellement… 

Le padlet : https://padlet.com/missionphilo/Eval

Creusons davantage la question de l’évaluation en Philosophie : le programme lui-même semble considérer que la Philo est une discipline “à part”… Qu’en est-il ? Quels contenus sont évaluables, selon quelles modalités, au moyen de quelles tâches et via quels feedbacks ? 

Le padlet : https://padlet.com/missionphilo/EvalPhilo

Prises de note de la discussion du groupe B : 

Quelles autres formes – qu’individuelle et issue du seul jugement du maître – peut prendre l’évaluation ? 

Un temps pour envisager les heurs et malheurs des alternatives à l’évaluation individuelle. 

Les padlets : Évaluation collective – Auto- et co-évaluation