Des races humaines ?

On parle souvent de théorie de l’évolution, mais a-t-on bien mesuré tous les malentendus qui circulent, et toutes les implications idéologiques qu’ils peuvent avoir ? 

La recherche du "chaînon manquant" : une erreur scientifique

Cette image, déclinée de maintes façons, est supposée illustrer l'évolution humaine : d'un ancêtre commun avec les singes et lémuriens, les autres primates, notre "lignée" aurait progressivement évolué, de façon linéaire, vers ce que nous sommes aujourd'hui.

Or, l’évolution n’est pas un processus linéaire. Chaque espèce humaine ancienne que nous découvrons ne trouve pas sa place dans une progression bien rangée, les uns avant ou après les autres. Certaines de ces espèces ont cohabité, se sont génétiquement croisées1, se sont partagé des gènes et probablement de la culture. Ainsi, nos caractéristiques physiques apparaissent petit à petit au sein de différentes espèces du genre « homo » au fil des millénaires : 

« Les différentes caractéristiques de l’homme moderne, son gros cerveau, son trou occipital centré, son bassin, etc. n’ont pas été transmis par un ancêtre commun qui aurait été simplement un tout petit peu plus « archaïque ». La forme actuelle d’homo sapiens résulte d’acquis réalisés au cours des âges par divers  préhumains :

  • le trou occipital centré permettant la station debout et les petites canines pour une alimentation plus énergétique datent de – 7 millions d’années (MA) ;
  • les gros genoux pour l’endurance et la course sont apparus aux environs de – 4 MA
  • tandis que le pied arqué et les orteils courts datent de – 3,7 MA.
  • Vers – 3,3 MA, c’est l’apparition d’un pouce long permettant une meilleure préhension tandis que,
  • à peu près au même moment, le bassin devient court et large permettant, entre autres, un accouchement en position allongé, voire assis.
  • La torsion de l’humérus date de – 2 MA,
  • les longues jambes pour la course et l’élargissement de la tête fémorale (meilleure assise) de 1,9 MA.
  • Enfin, c’est il y a environ 1 MA que le cerveau acquiert à peu près son volume actuel.

 

Ces acquisitions progressives au fil des millions d’années expliquent pourquoi il ne peut y avoir un seul ancêtre à homo sapiens. De nombreux préhumains se sont croisés, affichant ici tel caractère, là tel autre, cet attribut étant gardé par l’Evolution en raison de son intérêt pour l’espèce (avantage évolutif), celui-là étant finalement écarté. C’est la raison pour laquelle il n’est pas facile de dresser une généalogie rapprochée de Sapiens, en fait une généalogie sans cesse en mouvement, sans cesse remaniée en fonction des découvertes paléontologiques et de l’étude détaillée des fossiles (( https://cepheides.fr/2015/10/de-l-evolution-du-nouveau-dans-la-genealogie-de-l-homme.html )) « 

Si l’on veut simplifier, en restant encore très approximatif, la généalogie de l’homo sapiens sapiens que nous sommes toustes aujourd’hui, on peut dessiner une ligne du temps comme celle-là : 

En erreur à l'origine d'une hiérarchie des races​

  1.  Les analyses génétiques montrent que Homo sapiens a coexisté et s’est croisé avec d’autres espèces humaines, notamment les Néandertaliens (en Eurasie) et les Denisoviens (en Asie de l’Est). Aujourd’hui, les populations non africaines portent 1 à 4 % d’ADN néandertalien, et certaines populations d’Asie du Sud-Est et d’Océanie portent jusqu’à 5 % d’ADN denisovien []