Réfutabilité – Karl Popper

Concept

La réfutabilité((Réfutabilité ou falsifiabilité, c’est tout pareil. Les traductions diffèrent.)) est un critère de scientificité des théories. 

Selon Popper, la spécificité d’une théorie scientifique réside dans la possibilité de l’invalider, de la réfuter ou encore de la tester : une affirmation est scientifique si on peut imaginer des observations, des tests qui, si il-le-s sont réalisé-e-s, rendent fausse cette affirmation.

1) Si ce sont des confirmations que l’on recherche, il n’est pas difficile de trouver, pour la grande majorité des théories, des confirmations ou des vérifications.

2) Il convient de ne tenir réellement compte de ces confirmations que si elles sont le résultat de prédictions qui assument un certain risque; autrement dit, si, en l’absence de la théorie en question, nous avions dû escompter un événement qui n’aurait pas été compatible avec celle-ci – un événement qui l’eût réfutée.

3) Toute “bonne” théorie scientifique consiste à proscrire : à interdire à certains faits de se produire. Sa valeur est proportionnelle à l’envergure de l’interdiction.

4) Une théorie qui n’est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique. Pour les théories, l’irréfutabilité n’est pas (comme on l’imagine souvent) vertu mais défaut.

5) Toute mise à l’épreuve véritable d’une théorie par des tests constitue une tentative pour en démontrer la fausseté (to falsify) ou pour la réfuter. Pouvoir être testé c’est pouvoir être réfuté; mais cette propriété comporte des degrés : certaines théories se prêtent plus aux tests, s’exposent davantage à la réfutation que les autres, elles prennent, en quelque sorte, de plus grands risques.

6) On ne devrait prendre en considération les preuves qui apportent confirmation que dans les cas où elles procèdent de tests authentiques subis par la théorie en question : on peut donc définir celles-ci comme des tentatives sérieuses, quoique infructueuses, pour invalider telle théorie […].

Auteur

Né à Vienne, en 1902, Karl Popper est issu d’une famille juive convertie au protestantisme. Au cours des années 1920, alors que les idées du parti national-socialiste se diffusent, le jeune homme comprend que les portes de l’université dans laquelle il souhaite enseigner vont lui être fermées. Lorsque sa femme catholique, Josefine Anna Henninger, est prise à partie parce qu’elle est mariée à un juif, Karl Popper décide de quitter l’Autriche. Parvenant à trouver un poste universitaire en Nouvelle-Zélande, il s’y exile avec sa famille et entreprend la rédaction de La Société ouverte et ses ennemis((https://www.cairn.info/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah-2017-2-page-283.htm#re22no22)), dont sa conjointe dactylographie vingt-deux versions. Il conçoit cet ouvrage de philosophie politique comme sa contribution « à notre compréhension du totalitarisme, ainsi que de l’importance du combat permanent que nous menons contre lui  ».

Réfutable ou irréfutable ?

Est réfutable quelque chose qui a la possibilité d’être faux. Qui n’est pas forcément faux mais qui pourrait l’être à certaines conditions.

Exercice : Réfutable ou pas ?

Petit exercice facile : les énoncés proposés ci-dessous sont-ils réfutables ou pas ?

Plus difficile : même exercice, mais les énoncés sont un peu plus tordus((Réfutabilité ou falsifiabilité, c’est tout pareil. Les traductions diffèrent.)).

Exercice : À nous d'en imaginer !

Trouvez chacun.e un énoncé réfutable et réfuté, un autre réfutable et non-réfuté, et un autre irréfutable. Inscrivez-les dans la bonne colonne en vous rendant sur ce « mural »