Stéréotypes

Pour commencer, de quoi parle-t-on ?

Préjugés

Comme son nom l’indique, le préjugé est un jugement qui précède le jugement. 

Le préjugé, c’est donc une « croyance, opinion préconçue souvent imposée par le milieu, l’époque ; parti pris »1.

Pourquoi imposé par le milieu ? Parce qu’on pense, tout naturellement, comme pensent les autres autour de nous. C’est pour éviter la reproduction bête et brutale des préjugés que l’école existe : pour sortir les gens de leur milieu, et leur ouvrir les yeux sur d’autres façons de penser. 

 

Stéréotypes

Le stéréotypage, c’est l’attribution des mêmes caractéristiques à tous les membres d’un groupe, en gommant leurs traits individuels.

Dans la plupart des cas, le stéréotype présume des caractéristiques négatives au sujet d’un groupe. Même les personnes bien intentionnées et n’ayant pas de parti pris ouvert peuvent s’adonner au stéréotypage.

Ce procédé se fonde souvent sur des idées erronées, une information incomplète et/ou de fausses généralisations 2.

Les stéréotypes sont des sophismes !

Aristote : père de la logique

Aristote (384 PCN – 322 PCN), philosophe grec de l’Antiquité, est le premier à développer une science qui a aujourd’hui pris une ampleur sans précédent et permis notamment de développer l’informatique au point où elle en est aujourd’hui. Vos ordinateurs, tablettes et smartphones reposent en effet, outre sur une micro-électronique de pointe, sur une logique dite « mathématique », extrêmement rigoureuse. La logique d’Aristote est aussi rudimentaire qu’efficace, et c’est un outil qui va nous servir pour déconstruire définitivement les préjugés faciles.

Un syllogisme…

…est un raisonnement déductif rigoureux.

Un syllogisme n’est jamais vrai ou faux en lui-même, mais il peut être valide ou pas. Si sa forme est valide et que ses prémisses (ce qui est présupposé) est vrai, alors la conclusion sera vraie. Mais si sa forme est valide et qu’au moins une de ses prémisses est fausse, alors la conclusion sera fausse.

…se compose de trois termes et de trois propositions.

Les trois propositions sont deux prémisses, nommées majeure et mineure, et une conclusion.

  1. Le grand terme se trouve dans la majeure et dans la conclusion.
  2. Le petit terme se trouve dans la mineure et dans la conclusion.
  3. Le moyen terme se trouve dans la majeure et la mineure mais jamais dans la conclusion.
Exemple de syllogisme bien connu.

Un sophisme…

…est un raisonnement faux malgré une apparence de vérité.

Cela implique en général de la mauvaise foi de la part de cel-lui qui l’énonce. Lorsque le sophisme prend la forme d’un syllogisme, avec deux prémisses et une conclusion, il insérera dans les prémisses une faute, de façon à conduire à une conclusion fausse elle aussi. Mais dans les apparences, le raisonnement aura l’air correct.

C’est souvent ainsi que fonctionnent les stéréotypes.

  1. « Les chômeurs sont tous des paresseux. »
  2. « Les jeunes sont tous des voyous. »
  3. « Les femmes ne savent pas conduire. »
  4. « Quand il y a une agression, ce sont toujours des étrangers. »
  5. « Les vieux ne sont jamais larges d’esprit. »
  6. « Les Écossais sont avares. »
  7. « Les garçons sont violents. »
  8. « Les filles sont bavardes. »

Les stéréotypes sont le résutat de généralisations abusives : 

La "Généralisation abusive"
Il est tentant, pour donner du poids à ce qu’on dit, de faire comme si le monde entier était concerné. Ou alors, parfois, on oublie qu’on n’a connaissance que d’un tout petit bout du monde, et que pour en faire le tour il faut y consacrer du temps. On part alors d’un cas particulier, peut-être même singulier, et on en tire une conclusion générale – voire universelle.
Singulier

Une personne (ou chose ou événement) précise

Socrate est mortel

Particulier

Certaines personnes (ou choses ou événements…)

Certains hommes sont mortels

Général

La plupart des personnes, choses ou événements

La grande majorité des hommes est mortelle

Universel

Toutes (sans exception) les personnes, choses ou événements

Tous les hommes sont mortels

Pour pouvoir dire que quelque chose est vrai de la plupart des gens, ou de tout le monde, il faut avoir fait (ou au moins lu) de sérieuses études – ce qui est très rare : l’induction a ses règles et elles sont difficiles à appliquer. On appelle ainsi « généralisation abusive » le fait de dégager une conclusion générale à partir d’un échantillon non-représentatif (trop petit, ou biaisé).

Exercice : Un repère à intégrer

Les stéréotypes sont des syllogismes non-valides : 

Nous allons pouvoir, grâce aux à la logique et aux syllogismes, démontrer qu’il s’agit de préjugés et non d’opinions fondées : dans les syllogismes ci-après, les prémisses mènent à des conclusions aberrantes (ou qu’on sait être fausses). Or, pour qu’une conclusion soit fausse alors que la forme est valide, il faut qu’au moins une des prémisses soit fausse. Ici, la prémisse fausse ne saurait être que la majeure, qui est donc un préjugé non fondé. Et si les deux sont fausses, ce qui est possible également, le préjugé est encore moins fondé.

Les chômeurs sont tous des paresseux.

Mon père est chômeur (ou pourrait bien le devenir).

Donc mon père est un paresseux.

Les jeunes sont tous des voyous.

Je suis jeune.

Donc, je suis un voyou.

Les femmes ne savent pas conduire.

La plus jeune pilote de France est une femme.

Donc la plus jeune pilote de France ne sait pas conduire.

Les agressions sont toujours commises par les étrangers.

L’homme qui a agressé ma voisine est belge.

Donc, L’homme qui a agressé ma voisine est un étranger.

Les vieux ne sont jamais larges d’esprit.

Mon grand-père est large d’esprit.

Donc mon grand-père n’est pas vieux.

Exercice : Invalide, mon syllogisme ?

[…]

  1. Source Le Robert en ligne : https://dictionnaire.lerobert.com/definition/prejuge[]
  2. Source : http://www.ohrc.on.ca/fr/exemples-de-discrimination-raciale-fiche[]