Stéréotypes de GENRE

Nous allons, ici, Questionner les stéréotypes et préjugés (de genre) qui orientent nos modes de vie et nos choix de vie.

Table des matières

Née dans les années 50, la notion de genre a permis à nos ancêtres, surtout à la génération 68, de prendre conscience du fait qu’ils conformaient leur comportement à l’un des deux « types », stéréotypes, modèles, vers lesquels la société les orientait : l’éducation, le marketing (la pub), les œuvres culturelles (art, littérature, cinéma…), nous montrent quelles est notre place dans la société, entravant notre liberté à être qui on voudrait être.

 

Certain.e.s, comme Talcott Parsons, défendent que les rôles des garçons et des filles doivent nécessairement rester différenciés pour stabiliser l’organisation sociale. D’autres, comme Kate Millet, disent que c’est une façon de sauver la domination masculine et le patriarcat, et qu’il faut en finir avec cette répartition des rôles si on veut l’égalité entre hommes et femmes. 

Mais genre !

Le genre (ça vient de l’anglais gender) est le rôle ou le comportement sexuels qui sont censés correspondre au sexe qui nous a été assigné à la naissance. On le définira provisoirement comme les attributs du féminin et du masculin. Ce sont la socialisation et l’éducation différenciées des individus qui le produisent et le reproduisent. 

Exercice : Rose, ou bleu ?

Les individus « garçons », masculins, sont ainsi soumis à un ensemble de stéréotypes et de clichés, et les « filles », individus féminins, sont soumises à d’autres stéréotypes. Pourras-tu les distinguer ?

Une construction sociale, le genre ?

Qu’est-ce qui permet de dire que c’est une construction sociale (solide au sein de chaque société, mais variable d’une société à une autre) ?

Eh bien simplement le fait que dans d’autres sociétés, les rôles genrés (gendered, de genre) sont différents, parfois même opposés. Et les stéréotypes qui vont avec aussi : 

Qui porte la culotte ?

Chez les Mosuos, en Chine, les femmes possèdent les maisons et les terres, organisent la vie du clan, distribuent les marchandises, programment et exécutent les travaux dans les champs, choisissent leurs amoureux comme elles le souhaitent, donnent leur nom à leurs enfants. Et les hommes ? Souvent inactifs, ils se contentent de suivre ce que décident les femmes et de faire quelques travaux, comme les réparations dans les maisons. 

Dans le Pacifique, chez les Tchambuli, les femmes rapportent à la tribu de quoi manger pendant que les hommes se maquillent et s’occupent des objets sacrés. 

– D’après Margaret Mead, ethnologue.

On éduque comment ?

Dans le Pacifique vivent deux peuples à l’éducation très contrastée : 

– Les Arapesh cultivent l’affection et la gentillesse chez tous leurs enfants ; 

– Les Mundugomor, eux, éduquent garçons et filles à être très compétitifs, agressifs, indépendants.

– selon Margaret Mead, ethnologue. 

On peut changer de genre ?

Le partage des tâches était très polarisé entre les sexes dans les tribus d’Indiens d’Amérique. Mais il existait des personnes qui adoptaient les attributs vestimentaires et aussi certains comportements de l’autre sexe, suivant des modalités qui variaient considérablement selon les groupes. Ces individus avaient un rôle de médiateurs entre les sexes. Ils avaient tendance à considérer ces personnes possédant «deux esprits» avec respect.

– Emmanuel Desveaux, anthropologue.

Dans ma culture, nous avons des personnes qui s’habillent à moitié comme des hommes et à moitié comme des femmes. Nous les appelons Winkte. Il s’agit d’une position honorable, si vous êtes Winkte, vous êtes un être spécial et, au sein de ma nation et des peuples des plaines, nous vous considérons comme un éducateur pour les enfants. 

– Russell Means, Acteur amérindien de la tribu Lakota-Oglala

Même s’il existe des exemples d’exceptions culturelles (comme ci-dessus), le modèle le plus fréquemment rencontré dans l’histoire et dans le monde est la bipartition (= séparation de l’humanité en deux groupes, hommes et femmes). De même, le fonctionnement le plus répandu est le patriarcat, c’est à dire que ce sont les pères (des hommes) qui assurent les fonctions sociales les plus élevées, possèdent l’argent, le pouvoir et les femmes (et donc aussi les enfants, on parle de sociétés patrilinéaires). 

D'où viennent les stéréotypes de genre ?

Nous sommes né·e·s dans une société dont la culture, comme l’immense majorité des cultures, divise le monde en deux : celui des hommes, et celui des femmes.

Les couleurs (rose ou bleu), les parfums (vanille ou citron), les jouets (Barbie ou Action Man), les métiers (ingénieur ou infirmière), les disciplines scolaires (maths ou français)… sont distribués en fonction du sexe des enfants. Du sexe, vraiment ?

On pourrait faire tout un cours sur la question du sexe. En bonus, vous pouvez suivre le cours « Sexe, genre et sexualité(s) » que j’ai également créé sur cette plateforme. Nous allons nous concentrer sur la question du genre, car elle est plus directement liée à celle des stéréotypes, des préjugés, et des discriminations.

Bref, notre société est duelle, binaire : elle sépare dès la naissance les individus en deux groupes étanches, imperméables. On est d’entrée de jeu placé·e dans l’un de ces groupes, et une fois là on ne peut plus passer d’un groupe à l’autre.

On s’explique les stéréotypes par les traditions : ça a toujours été comme ça. En fait, le rôle des hommes et des femmes a beaucoup bougé, autour de ce que la nature nous impose. S’il est biologiquement impossible d’engendrer des enfants sans relation hétérosexuelle, la famille nucléaire (papa-maman-les enfants) n’est pas une loi naturelle : jusqu’au XIXème siècle, les grands-parents étaient souvent à la maison, et on cohabitait à plus de deux générations ; les sociétés organisant ou tolérant la polygamie (souvent plutôt la polygynie, d’ailleurs) sont nombreuses ; et celles où on vit avec oncles, tantes et cousins-cousines ne sont pas rares non plus. Il y a même des sociétés, comme celles des Na de Chine, où le mariage n’existe pas et où on ne cherche pas à savoir qui est le père des enfants. 

Les stéréotypes les plus évidents sont très liés à notre société : au moyen-âge, le rouge pastel, presque rose, était chez nous la couleur des garçons, symbole de force et de virilité alors que le bleu est la couleur des petites filles, faisant écho à la pureté de la Vierge Marie 1. Puis, pendant longtemps, les langes, culottes ou bavoirs ont été blancs, et les enfants des deux sexes portaient des robes immaculées jusqu’à l’âge de 6 ans 2. Au XVIIIe siècle, le rose est associé aux valeurs féminines de l’époque : « beauté, douceur, fragilité » et tout le monde en porte, filles comme garçons. 

 

Alors pourquoi aujourd'hui on distingue tant les genres ?

Eh bien parce que ça fait vendre ! 

Dans les années 80, les stratégies marketing ciblant les enfants ont trouvé leur recette clé : amplifier les différences d’âge et de sexe pour vendre d’autant plus de produits. En effet, quel petit garçon voudra jouer avec le ballon rose de sa sœur ? Hop, on va acheter un deuxième ballon, bleu cette fois. Idem pour les vêtements, les vélos, tous les jouets (d’où la dichotomie Action Man x Barbie en rayon). 

Toutes les industries de l’enfance s’y sont mises, même Lego, pourtant connu pour son inclusivité : toutes ses pubs, jusque dans les années 80, montrent des garçons et des filles pleins de créativité fabriquant des objets plus étonnants les uns que les autres à partir des mêmes briquettes. Puis, Lego a diversifié sa gamme en fonction de l’âge (créant Duplo pour les petits et même des sets réservés aux adultes) et du sexe (Pour les filles, Lego Belleville dans les années 90, puis Friends dans les années 2010 ; pour les garçons, les Lego Technics, Ninjago, Star Wars…). De quoi remplir les maisons de plein de Lego différents… et augmenter chaque année son chiffre d’affaires. 

Bien sûr, ça ne se limite pas aux enfants. Je vous laisse regarder autour de vous les pubs pour les rasoirs, crèmes hydratantes, bottes en caoutchouc… Ce qui vaut pour les petits vaut pour les grands : si un produit est très féminin, l’homme de la maison ira en acheter un autre pour lui, marketté masculin, même si c’est une brosse à chiottes. 

Cette stratégie a tourné plein tube, bien peinard, jusque dans les années 2000, où les organisations féministes ont commencé à râler.

Par exemple, en 2011, « le conditionnement et la sexualisation précoce des petites filles ont fait quelques remous dans les médias, explique Mona Chollet3. La marque Petit Bateau a par exemple commercialisé des bodies pour bébé rose ou bleu selon le sexe. Sur les premiers, on pouvait lire les mots : « jolie, têtue, rigolote, douce, gourmande, coquette, amoureuse, mignonne, élégante, belle » ; sur les seconds : « courageux, fort, fier, vaillant, robuste, rusé, habile, déterminé, espiègle, cool ». » Et vous, vous êtes plutôt du genre douce et belle, ou courageux et habile ? 

Tentez le petit quiz pour voir qui vous êtes…

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Où se trouvent les discrimi-nations de genre ?
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  1. Voir : https://www.ladn.eu/mondes-creatifs/rose-bleu-cliches-genres-histoire-couleurs/[]
  2. Source : https://next.liberation.fr/mode/2017/07/31/pourquoi-associe-t-on-le-bleu-aux-garcons-et-le-rose-aux-filles_1587384[]
  3. autrice de Beauté Fatale, les nouveaux visages d’une aliénation féminine[]