Genre

En effet, en s’incorporant dans les corps, les usages sociaux et culturels deviennent indissociables de l’être et prennent alors, de manière paradoxale, une apparence de naturel. Et cela d’autant plus aisément qu’ils font écho à des traits biologiques tels que la différence de sexe. L’incorporation du genre dans les corps, par des façons de se tenir, les parures, les vêtements, la coiffure, etc. en fait des expressions «naturelles» de la féminité ou de la masculinité. Parce qu’il fonctionne comme un «langage de l’identité naturelle» (Bourdieu, 1977), le corps naturalise, et donc légitime, les identités et les distinctions sociales. Il peut dès lors devenir un instrument de pouvoir au service de dominations politiques, sociales ou sexuelles (P. Bourdieu, 1998 , Détrez, 2002).1

  1. Christine Détrez : « Il était une fois le corps… », URL : http://ses.ens-lyon.fr/articles/christine-detrez-il-etait-une-fois-le-corps–118371[]